Alors que le baril frôle les 120 dollars : Les pays industrialisés envisagentle recours à leurs réserves stratégiques

     Telle qu’elle se présente, la progression des deux références des marchés a dépassé 25% en l’espace de quelques jours seulement, sous l’effet des perturbations de l’offre énergétique mondiale. Vers la mi-journée, l’agence Reuters a fait état de contrats à terme sur le Brent qui progressaient de 12,77 dollars, à 105,46 dollars le baril à 11h26 GMT, tandis que les contrats à terme sur le WTI américain gagnaient 12,66 dollars, à 103,56 dollars.

Selon ces données, le Brent a ainsi gagné plus de 14% à la seule séance d’hier et le WTI a bondi de près de 13%, selon la même source, traduisant cette évolution accélérée par les perturbations de la production dans les pays du Golfe, directement touchés par la guerre en cours, et le blocage du détroit d’Ormuz, alimentant les craintes d’un choc d’approvisionnement sur les marchés internationaux.

Suivant les mêmes tendances qu’observe ces derniers jours le marché du brut, le gaz naturel a également enregistré des hausses inédites, comme le TTF néerlandais, qu’est la référence européenne, ayant augmenté de 13,49% pour atteindre 60,58 euros (plus de 70 dollars) le MWh (Mégawatheure) vers 8h25 GMT, après avoir flambé de 30% à l’ouverture.

Autant de facteurs qui accentuent donc ces tensions, alors que certains médias internationaux ont fait état également de plusieurs zones de production en Irak qui ont fortement réduit leurs volumes et des raffineries ont été à l’arrêt dans les pays du Golfe, réduisant ainsi sensiblement l’offre mondiale. Face à cette situation, les gouvernements et organisations internationales multiplient les consultations et anticipent des mesures pour endiguer la crise.

Les pays du G7 examinent ainsi la possibilité de libérer des réserves stratégiques de pétrole afin de stabiliser les marchés et de limiter l’impact sur l’inflation mondiale. « Le recours aux réserves stratégiques est une option envisagée », a indiqué à l’AFP une source au sein de ce groupe des pays les plus industrialisés.

Le gaz franchit la barre des 70 dollars/MWh

Plusieurs pays envisagent également des mesures d’urgence pour protéger leurs économies, tandis que d’autres ajustent déjà leurs politiques énergétiques. C’est le cas de la Chine, par exemple, où les autorités ont relevé les plafonds réglementés des prix de l’essence et du diesel pour refléter la hausse rapide des cours internationaux.

Le Japon, fortement dépendant des importations provenant du Moyen-Orient, lui aussi a pris plusieurs mesures économiques et énergétiques pour atténuer l’impact de ces tensions.

Le gouvernement nippon a en effet instruit les organismes et sociétés de stockage pétrolier de se préparer à une éventuelle libération de brut afin de stabiliser l’approvisionnement et les prix, selon Reuters.

En tout cas, pour les analystes, l’ampleur de ce « choc pétrolier » dépendra avant tout de l’évolution du conflit dans la région et de la durée des perturbations de l’offre. Selon plusieurs banques et maisons de courtage citées par Reuters ces derniers jours, la poursuite des tensions pourrait maintenir les prix au-dessus du seuil de 100 dollars pendant une période prolongée.

Pour l’analyste auprès de la banque multinationale australienne, spécialisée dans les services financiers, ANZ Bank, Daniel Hynes, «si la réduction de la production dans les pays du Moyen-Orient se prolonge, les prix sur les marchés mondiaux se maintiendront à un niveau élevé pendant une longue période ».

De son côté, Saul Kavonic de MST Marquee, une plateforme de recherche et d’analyse financière affiliée au groupe MST Financial Services Pty Ltd, a estimé hier que « le marché avait fait preuve de complaisance quant à l’ampleur et à la durée de la guerre », en regrettant le manque d’anticipation des acteurs internationaux et de plusieurs pays.

Pour ces derniers, les perspectives pour les mois à venir n’augurent pas de changements notables, misant sur le maintien de cette tendance à la hausse des prix. « La réduction de l’offre et les risques géopolitiques créent un choc d’approvisionnement majeur pour le marché mondial », or « si les perturbations du transport maritime dans le Golfe persistent, les prix pourraient rester durablement élevés », a indiqué l’analyste de la banque australienne.

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